Inspirations

Mes inspirations musicales ont façonné mon rapport au langage. Stupeflip et Eminem (pour n’en citer que deux parmi la myriade d’artistes que j’écoutais) m’ont appris que les mots pouvaient être percutants, mélodiques, qu’ils pouvaient danser et heurter à la fois. Le rap est devenu mon refuge, un exutoire où canaliser les émotions qui ne demandaient qu’à s’exprimer.

Et pourtant, le rapport à la littérature a été plus complexe. Au lycée, les classiques imposés ne m’ont pas aidé à retrouver l’émerveillement de mes lectures d’enfant. Loin des œuvres contemporaines, je me suis enfermé dans l’idée que la littérature n’était peut-être pas faite pour moi. Le théâtre, en revanche, m’a sauvé. Comédien en herbe, je me suis nourri de Peer Gynt d’Henrik Ibsen, d’Incendies de Wajdi Mouawad, des pièces de Brecht, notamment Têtes rondes et têtes pointues, et, bien sûr, de Shakespeare, dont la plume m’a fasciné bien au-delà d’Hamlet. 💀

Mais la vie a ce don de nous surprendre. Alors que je me voyais comédien, je me suis tourné vers la musique lorsque j’ai raté ma première année de fac. Je voulais être rappeur. Tout y était : la puissance des mots, la musicalité, l’énergie. Mais quelque chose coinçait… Je ne me trouvais pas assez bon. Après des années à chercher mon moyen d’expression, j’ai compris que ce que j’aimais dans le théâtre, dans la musique, dans tout ce qui me passionnait… c’était avant tout les mots.

Écrire des histoires ne faisait pas partie de mon univers, du moins, je le croyais. Pourtant, elles étaient là, dans ma tête, en permanence. Il ne manquait qu’un déclic. Ce déclic est venu de mon grand frère.

Après m’avoir tendu un micro lorsque j’étais adolescent, il m’a tendu un livre des années plus tard.

Un livre de Philip K. Dick.

Je ne savais pas qu’on pouvait être si profondément attaché à une œuvre littéraire. Ubik a été le premier. Il a bouleversé ma perception du monde. Puis Substance Mort, bien que loin de la science-fiction, a achevé de me convaincre : cet auteur voyait la vie comme je la voyais. À travers ses récits, j’ai trouvé mon héros littéraire.

Bien sûr, de nombreux auteurs modernes ou contemporains m’ont aidé à traverser certaines épreuves de la vie – surtout des Français, auxquels je serai toujours reconnaissant : Anna Gavalda, Frédéric Beigbeder, Françoise Sagan, Emmanuel Carrère, Amélie Nothomb, et tant d’autres. Mais aucun n’a eu sur moi l’impact de K. Dick.

C’est ainsi que je suis revenu à mon premier amour, celui qui ne m’avait jamais vraiment quitté.

L’écriture.

Mes autres Muses

En peinture 🎨
J’ai toujours été attiré par le surréalisme — peut-être le mouvement artistique qui me touche le plus. Quand l’absurde est présent dans un art, et qu’il est maîtrisé, je suis conquis. Le surréalisme rassemble des univers très différents : celui de Dalí, lissé, crémeux, mystique et métaphysique, ne dit pas la même chose que celui de Max Ernst, plus sombre, hybride, aux symboles parfois obscurs.
J’aime aussi profondément Van Gogh. Sa manière de déconstruire le monde, de le sublimer avec un style qui frôle parfois le pointillisme, me bouleverse. Et ses ciels étoilés — cette façon de rendre le mouvement des arbres et des étoiles — ont quelque chose de mystique, spirituel, presque philosophique. J’y vois l’impermanence bouddhiste, et le regard unique d’un artiste qui peint l’invisible.
Ces univers visuels, qu’ils soient délires surréalistes ou élans étoilés, m’aident à penser l’écriture comme un geste pictural — entre composition, texture et visions intérieures.
Si je devais comparer mon écriture à une peinture, ce serait à celles d’Edward Hopper. Dans ses toiles, il y a cette atmosphère en apparence calme, presque ordinaire, mais toujours traversée par une tension sourde — que j’explique par l’omniprésence de la solitude, qui est pour moi LA protagoniste des peintures de Hopper. Une impression de folie tapie dans un détail ou une ambiance, comme si quelque chose était sur le point de basculer. En les regardant, j’ai souvent le sentiment que le point de vue va soudainement se tordre, devenir torve. C’est ce glissement, cette dissonance discrète, que j’aime explorer dans mes textes.

En musique 🎼
Stupeflip, Eminem, Muse… Ce que j’aime, ce sont les artistes engagés. Engagés dans une vision, un rapport fort aux mots, aux sons, à leur univers. Peu importe que ce soit intelligent, absurde ou juste fun, tant que ça respire l’amour de l’art. J’écoute surtout du rap, du rock et du pop-rock, mais je reste curieux. Sauf du silence forcé.
La musique me rappelle que le rythme d’un texte est aussi important que son sens : chaque mot peut résonner, cogner ou danser à sa manière.

En cinéma 🎬
Là, c’est compliqué. Je suis cinéphile depuis longtemps, mais je ne me considère pas comme un boulimique de films. J’aime prendre le temps : observer la patte d’un réalisateur, écouter une bande-son, savourer un jeu d’acteur, me laisser happer par une photographie.
Et pourtant, impossible de dresser une liste. Dès que je pense à un film à citer, dix autres réclament leur place. Ce serait injuste de n’en choisir qu’un — ou même cinq. Alors, par respect pour eux, je ne les citerai pas.
(Je sais, c’est frustrant.)
Le cinéma m’a appris à construire mes scènes comme des séquences : lumières, silences, angles — autant d’outils pour écrire en images.

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